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<channel><generator>iloblog 1.0</generator><title>Le mot du Webmaster Feed</title><link>http://webmaster.destination-orbite.net/</link><description></description><item><title>Fobos-Grunt, la face cachée de l&#039;espace russe</title><link>http://iloapp.destination-orbite.net/blog/webmaster?Home&amp;post=2</link><description><![CDATA[  Souvenez-vous. C’était le 09 novembre dernier. Après 15 ans d’absence dans l’exploration
planétaire, la Russie expédiait dans l’espace la prestigieuse mission
Fobos-Grunt. Avec elle, la Russie
espérait redorer son blason dans la recherche scientifique spatiale en partant
récolter des échantillons de Phobos, l’une des lunes de Mars, et les ramener
sur Terre pour analyse. Mais rapidement
l’espoir s’est transformé en saga politique et médiatique dévoilant une face peu
reluisante d’une Russie post-soviétique qui n’en a pas fini avec l’époque
communiste. 

 Après son
insertion sur orbite terrestre, la sonde devait allumer par deux fois ses
moteurs afin de se libérer de l’attraction terrestre et foncer en direction de
Mars. Au lieu de cela, la sonde est
restée bloquée autour de la Terre. Les
responsables de la mission tentent alors d’entrer en contact avec l’engin en
perdition. Mais avec une seule antenne
de communication disponible, les chances pour envoyer des ordres ou recevoir un
diagnostique sur l’état de santé de la sonde sont bien minimes. C’est alors que l’Europe propose ses
services. Elle met à disposition de la
Russie plusieurs antennes et tente de communiquer avec la sonde. Une réponse est captée et l’espoir renait à
nouveau, mais il sera de courte durée. 
Les ordres d’allumage des moteurs envoyés par les contrôleurs européens
restent lettre morte. Pire encore. Le 21 novembre la fenêtre de lancement pour
atteindre Mars se ferme anéantissant tous les espoirs russes. La sonde est condamnée à tourner autour de la
Terre jusqu’à ce qu’inexorablement elle se fasse happer par les couches denses
de l’atmosphère où elle finit par se désintégrer deux mois après le
lancement. Triste fin pour la mission
mais l’histoire ne s’arrête pas là. Les
autorités veulent connaître les raisons de la panne et certains émettent des
hypothèses comme Dmitri Rogozine, vice-Premier ministre russe, qui affirme
qu'un radar américain pointé vers l'espace aurait pu être à l'origine d'un
dysfonctionnement électronique et donc des déboires de Fobos-Grunt. 
D'autres propos tenus dans les milieux militaires et spatiaux russes vont dans
le même sens. Toujours est-il qu'une enquête sera diligentée afin de
comprendre l'origine de la panne et surtout savoir qui sont les responsables. 
Parce que dans la Russie de Poutine, il ne fait pas bon d’échouer. Le jour de la rentrée atmosphérique de
Fobos-Grunt, ce même Rogozine voulait connaître "le nom des
anti-héros" responsables de la déconvenue. Vingt ans après la fin de
l'URSS et du communisme, la Russie ne s'est toujours pas défait de ses démons. 

 Connaître les causes exactes de l’échec semble impossible au
vu du peu de données récoltées. Le
rapport qui sera publié sera plutôt basé sur des hypothèses que sur une réalité
technique.  

  L’échec de Fobos-Grunt n’est pas une fatalité mais est
représentatif du niveau technologique de la Russie et est le symptôme du manque
de financement dans la recherche. En
effet, comment expliquer que la Russie n’ait pas réussi à mener à bien et jusqu’au
bout une mission d’exploration martienne en quarante d’ans de tentative ? Même si elle a réussi à récolter des
échantillons lunaires ou même poser des sondes sur la surface bouillonnante de
Vénus, elle n’a jamais été plus loin dans l’exploration spatiale. Il y a quelque chose dans l’esprit russe qui
ne permet pas de réussir des missions scientifiques ambitieuses comme
Fobos-Grunt. Sans pour autant dénigrer
les efforts technologiques fournis par les Russes, ce qu’ils développent restent
toujours assez rustique. Si le rustique
est conciliable dans certains domaines comme les vaisseaux habités ou encore
les satellites en orbite autour de la Terre, il ne l’est pas pour les missions
qui réclament une technologie pointue. 
Probable raison pour laquelle les Russes n’ont jamais réussi une mission
martienne et qu’il n'y a jamais eu de
mission type Hubble, Chandra, XMM ou même ISO et son grand frère Herschel. On ne peut pas dire que les grandes missions
scientifiques foisonnent dans le spatial russe ni même les découvertes
astronomiques. Les satellites russes
corroborent cette réalité. Alors que la
dernière génération en service de satellites Uragan (navigation par satellites)
a une espérance de vie de 10 ans, l'équivalent américain en est à 15. Pour que la Russie réussisse des missions du
type de Fobos-Grunt, il faut une réelle révolution technologique et elle
passera par un apport financier important permettant de soutenir la recherche. A titre de comparaison, la mission
Fobos-Grunt a coûté 165 millions de dollars alors que l’ambitieux
rover Curiosity lancé quelques jours plus tard a coûté la bagatelle de plus de
2 milliards, exploration sur Mars compris. Punir les « anti-héros » ne
changera rien au problème si les responsables politiques rechignent à mettre de
l’argent dans le développement et la recherche. 
 ]]></description><pubDate>Sat, 21 Jan 2012 13:04:36 +0100</pubDate><category>Mots du Webmaster</category></item><item><title>La navette dans l&#039;image collective</title><link>http://iloapp.destination-orbite.net/blog/webmaster?Home&amp;post=1</link><description><![CDATA[  Pendant mes congés, j'ai eu l'occasion de voir quelques amis. Et je leur ai expliqué que j'avais du le dernier lancement d'une navette, ... Ces amis, tout étonné "De quoi, c'est fini? Il n'y en aura plus jamais?" De leur répondre "Non, c'est fini, elles vont au musée". Dans l'expression de leur réponse, j'avais l'impression qu'ils étaient habitués à cette navette, et tout comme nous, que ça fait partie de la vie de tous les jours comme le train, la voiture ou même l'avion. 
   
 Et s'interroger sur ce qui suit après "C'est fini, mais ils font quoi maintenant?" De leur répondre "Après? Et bien, la Nasa va se tourner vers le privé pour envoyer des astronautes dans l'espace. Mais pendant plusieurs années, la Nasa n'enverra plus personne dans l'espace parce qu'elle n'a plus aucune "fusée" et vaisseau habité". Quand tu leur expliques ça, tu vois les gens qui ont l'air vraiment surpris. Parce que pour eux, la navette, les vols habités = Nasa. Pour le commun des mortels, la Nasa est synonyme des vols habités et les fusées. Pourtant, en dehors de la navette, la Nasa ne lance plus rien depuis 20 ans. La dernière fusée que la Nasa a lancé c'était en septembre 1989. C'est à ce moment là que l'on se rend compte à quel point la Nasa a une telle aura dans les vols habités. A la limite, ils trouvent ça "pas normal" que la Nasa n’envoie plus pendant plusieurs années des hommes dans l'espace. Ce qui est étrange, si on dit que l'Agence Spatiale Européenne n'a pas de vaisseau habité, on trouve ça normal aussi parce que trop cher. Mais, à la limite, quand il s'agit de la Nasa, c'est normal. 
   
 Puis je leur dis "Tu sais combien de personnes étaient sur place pour voir le lancement?" Et là, ils s'interrogent et ne disent rien, de peur de dire une bêtise. Certains diront quelques milliers. Ils s'imaginent un truc comme pour un match de foot. De leur répondre "Et bien, ils étaient environ 1 million de personnes à travers le monde à avoir fait le déplacement pour voir la navette décoller". Et ça réconforte encore plus l'image de l'aura que possèdent la Nasa et surtout la navette. Et quand je leur explique que pour le voir, il ne faut pas être trop près (à 5 km minimum), les gens n'arrivent même pas à s'imaginer la chose. 
   
 Le plus paradoxal, c'est lorsque je leur dis que la navette a fini ses vols... Après 30 ans de missions et 40 ans après l'approbation du programme. On est 6 milliards d'être humains sur Terre... Et on est plus de 3 milliards à n'avoir connu que ça. Et pourtant, les plus âgés, ceux qui ont connu Apollo, ... Quand tu leur dis 30 ans qu'elle vole, tu leur mets un gros coup de vieux, parce que ça semblait si nouveau, si récent, si hightech, qu'on aurait presque du mal à croire que la navette est "un vieux machin" qui date de la fin des sixties... 
   
 Oui, pour les moins intéressés, la navette reste "LA" machine liée aux vols habités et la seule à pouvoir emmener des hommes dans l'espace. On en oublierait presque les Soyuz et autres Shenzhou. La Nasa a réussi la publicité pour sa navette à ce point. C'est phénoménal. Et je pense que même pour les non initiés (et qui n'ont rien contre le spatial), l'image de la navette risque de manquer... C'est quand même 30 ans d'actualité... Plus d'une génération. 
 ]]></description><pubDate>Fri, 22 Jul 2011 10:05:09 +0200</pubDate><category>Mots du Webmaster</category></item><item><title>La fin de la navette</title><link>http://iloapp.destination-orbite.net/blog/webmaster?Home&amp;post=0</link><description><![CDATA[  Lorsque la navette Atlantis se posera sur la piste de Cap Canaveral le 20 juillet prochain, une page de l'histoire des vols spatiaux habités se tournera. Une page commencée 40 ans plus tôt par la présentation du programme "Space Shuttle" par le président américain Richard Nixon et l'administrateur de la Nasa de l'époque James Fletcher. Le projet était présenté comme innovateur, voire révolutionnaire. En effet, il était supposé remplacer toutes les fusées occidentales pour la mise à poste des satellites, devenir une plate-forme pour la construction de gigantesques laboratoires orbitaux ou la réparation de satellites défectueux. Mais derrière la façade se cachent des tractations avec le Congrès mais aussi avec le Department of Defense. La navette coûte chère, très chere. Il faut revoir les ambitions à la baisse. Du tout réutilisable on passe au partiellement réutilisable. De la petite navette souple d'utilisation, on passe à un orbiter de 70 tonnes doté, à la demande des militaires, d'une large soute et d'ailes delta pour un retour sur n'importe quelle base militaire du pays. 
 Le 12 avril 1981, Columbia s'envole, faisant oublier les deux ans de retard sur le programme. Coïncidence, elle décolle le jour du vingtième anniversaire du vol de Youri Gagarine. Et pendant presque 5 ans, la navette va faire rêver. On assistera au largage de satellites à la main, à la récupération d'autres pour des réparations, on verra les astronautes s'afférer dans la soute de la navette sur fond de Terre. L'espace fait réellement rêver avec des images digne de science-fiction. La cadence des vols augmente pour arriver à 9 vols en 1985, 15 annoncés pour 1986 et arriver à un rythme de croisière de 30 vols par an dans les années 90. La routine s'installe et tout semble si facile... Si facile jusqu'au 28 janvier 1986. Challenger explose, giflant tous ceux qui pensaient maîtriser la bête. L'Amérique prend soudain peur de cette navette qui a fait tant rêver et on lui trouve tous les maux qui puissent exister. Certains sont réalistes d'autres sont plus "fantaisistes". On dénonce le coût d'une mission, on dénonce le manque de fiabilité, on montre du doigt les nombreux reports et départs retardés. On critique la navette de toute part. La critique est d'autant plus acerbe que son utilisation pour la construction d'une station spatiale est au point mort. Trop chère, le projet Space Station Freedom souffre énormément des retards et des budgets qui explosent. La navette, privée des vols commerciaux après l'accident de 1986, désavouée par les militaires fin 1992, manque de but. Alors lorsqu'elle tourne autour de la Terre, c'est à peine si on la remarque. Les missions, bien qu'ayant des retombées dans la vie quotidienne de monsieur tout le monde, manquent d'attrait. Et ce n'est pas le télescope spatial Hubble myope qui va changer la donne. Il faudra attendre la chute de l'URSS pour que la navette trouve une seconde vie. La Russie n'ayant pas les moyens financiers de ses ambitions, notamment une station spatiale de grande envergure, se montre intéressée par le projet Freedom enlisé depuis le départ. A la fin de l'année, l'accord est signé, au moment même où la navette démontrait ses capacités en réparant le télescope spatial Hubble. 
 Pour s'entraîner, la flotte des navettes, les équipages et la Nasa réalisent 9 missions conjointes avec la Russie en s'amarrant à la station spatiale Mir. Lorsque Discovery s'éloignera pour la dernière fois de la datcha de l'espace, le chantier de l'International Space Station sera en passe d'être inauguré. Il le sera en novembre 1998 lors du lancement du module russe Zarya. Quelques jours plus tard, Endeavour démarrait la ronde des navettes en direction de l'ISS. Hormis quelques exceptions, à dater de décembre 1998, toutes les missions de navette auront pour objectif de construire le gigantesque complexe orbital. 
 Les missions s'enchaînent à un rythme régulier et l'ISS commence à prendre forme lorsque le 01 février 2003, le coup de grâce est donné. Columbia se désintègre alors qu’elle survole le Texas en direction du Kennedy Space Center où tout le monde l’attend. Elle n’y arrivera jamais, l’équipage est perdu. Pour beaucoup, y compris à la Nasa, cet accident est la coupe qui fait déborder le vase. La commission d’enquête parle d’une navette qui doit être considérée non pas comme un vaisseau opérationnel mais comme un vaisseau expérimental. Plus aucune navette ne s’envolera sans avoir une issue de secours pour l’équipage si jamais elle ne pouvait ramener à Terre ses passagers. La Nasa doute de la navette à un tel point qu’elle saisira la balle au bond lorsque le Président Bush annoncera le programme « Constellations ». Constellations se résume par le slogan « Moon, Mars &amp; Beyond ». La Nasa se prend à rêver à nouveau mais pour réaliser son rêve, elle doit se débarrasser au plus vite de cette encombrante navette. Alors elle se met aussi à la critiquer, notamment sur l’aspect sécuritaire et s’en servira comme argument pour décider son abandon une fois l’ISS achevée. Aujourd’hui c’est fait et Atlantis réalise son dernier vol. 
 Quel est l’héritage que la navette nous laissera ? Avant tout, elle va laisser un grand vide dans le programme des vols habités. Constellations voulu par Bush a été annulé par Obama. Il n’y aura pas de successeur à la navette, du moins dans l’immédiat. Et si successeur il y a, il ne sera pas aussi révolutionnaire puisque les vaisseaux de l’époque Mercury, Gemini ou Apollo ont à nouveau la cote. L’espace habité évolue petit à petit vers une exploitation par les privés. La Nasa emboite le pas à la Russie. La Russie a ouvert ses vaisseaux aux touristes désireux de vivre le grand frisson. La Nasa se tourne également vers les privés pour envoyer dans l’espace ses astronautes. Des entreprises comme SpaceX ont décidé de relever le défi. Dans quelques années, ces mêmes entreprises seront à même d’utiliser leurs propres vaisseaux comme taxi pour des touristes fortunés en mal de sensation. 
 La navette laissera derrière elle l’une des plus belles pages de la conquête et de l’exploration spatiale. Décidée 15 ans après la mise sur orbite de Spoutnik, elle est peut-être arrivée trop tôt pour qu’elle devienne ce qu’elle devait être lorsque sa construction a été entérinée par le Congrès américain. Reste que la navette est l’une des plus fantastiques machines jamais mise au point par l’Homme. Il faudra peut-être attendre encore plusieurs décennies avant de voir une navette nouvelle génération prendre la relève mais il ne fait aucun doute que Columbia, Challenger, Discovery, Atlantis et Endeavour ont ouvert la voie pour le développement d’un moyen de transport réutilisable permettant d’acheminer hommes et femmes avec le matériel à destination.  
 ]]></description><pubDate>Sat, 09 Jul 2011 11:16:58 +0200</pubDate><category>Mots du Webmaster</category></item></channel>
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